Alors que le trafic aérien enregistrait une baisse de seulement 0,7% pour le mois de février, la situation a rapidement évolué vers une paralysie totale du secteur.

À situation sans précédent, mesures sans précédent

Parmi les secteurs touchés par l’épidémie du coronavirus, le transport aérien figure en haut de la liste. Et quand on observe les décisions prises par les acteurs du secteur, tout porte à croire que la crise va s’installer dans le temps.

Dix jours après l’annonce du maintien au sol de la majorité de sa flotte, easyJet a finalement annoncé l’immobilisation de l’intégralité de ses appareils à partir du 30 mars.

Du côté des aéroports français, deux des trois aéroports les plus importants du pays ont fermé. Le premier aéroport national, Roissy Charles-de-Gaulle est resté ouvert, non sans un ralentissement extrême de son activité, en chute de plus de 90%.

Ailleurs, la situation n’est guère mieux. Les 24 aéroports répartis internationalement et gérés par le groupe ADP sont tous fermés, à l’exception de Roissy et de ses aéroports turcs.

La reprise s’annonce tardive

Les décisions de fermeture et de cessation d’activité présagent qu’un retour à une activité aérienne « normale » n’est pas à prévoir tout de suite. Et cette situation ne sera pas sans conséquence pour les acteurs du secteur aérien.

Au début du mois de mars, l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA) prévoyait une baisse de 113 milliards de dollars du chiffre d’affaires sectoriel du transport aérien.
Actuellement, les calculs s’élèvent à 252 milliards de dollars, soit une diminution de « 40% du chiffre d’affaires annuel », a précisé Alexandre de Juniac, président de l’IATA.

La raison principale de cet écroulement est l’étroite relation entre le secteur aérien et la « croissance économique », explique le président. Raison pour laquelle l’IATA demande un soutien de la part des gouvernements s’élevant à 200 milliards de dollars. Ceci dans le but d’aider les compagnies aériennes à faire face à leurs frais fixes et par extension d’accompagner efficacement la reprise économique.

Car effectivement, un secteur aérien affaibli constituerait un frein à la reprise de l’activité économique. « Si le transport est affaibli, il n’y aura pas les connectivités nécessaires pour faire repartir les affaires » a expliqué M. de Juniac au journaliste BFM Christophe Jakubyszyn.

Mais d’après les prédictions de l’IATA, la reprise ne devrait pas être immédiate. En effet, la courbe d’activité économique de l’aérien ne suivra pas une trajectoire en V, mais formera plutôt un U. D’après ce pronostic, l’effondrement sera donc suivi d’une période de stagnation, avant la reprise.

Les riverains d’aéroports ont donc tout le temps de profiter de leur nouvelle tranquillité.